
Gnawa ou Gnaoua, pl. de Gnawi (Afrique du nord), Déformation de Guinée...
Ils seraient descendants des Bambara du Mali; des Haoussa du Niger...
C'est le nom que l'on donne aux anciens esclaves noirs établis en Afrique du Nord, depuis, aux musiciens.
Regroupés en confrérie, ils ont choisi en la personne de Bilal, premier muezzin de l'Islam, leur patron fondateur.
Ils sont orientés vers un syncrétisme d'Islam et d'animisme s'épanouissant dans un rituel (lila) porté par la musique,
la danse, les couleurs et les encens favorisant l'intercession du monde invisible.
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A l'intérieur de la confrérie, chaque groupe se réunit autour d'un maître le M'allem garant du culte et de la tradition musicale ; les disciples commencent par l'apprentissage du chant et de la danse, la pratique des Qraqèb (sorte de castagnettes métalliques) et du tambour T' bel. A la fin de leur initiation les Gnawa maîtrisent l'instrument du M'allem, l'Hejhuj ou Gambri'. Le Gambri' est une sorte de luth à trois cordes en boyau de chèvre, accordé en Sol (107 Hz première corde) en ré (150 Hz corde du milieu) et en ré (75 Hz troisième corde). La corde du milieu est toujours jouée à vide, comme un bourdon aigu, la tessiture de l'instrument est d'une octave et les deux principaux modes utilisés sont pentatoniques : Ré, Mi, Sol, La, Si et Ré, Mi, Sol, La, Do avec Ré, La et Sol comme notes toniques de référence. Le Gambri' est à la fois un instrument cordophone, membranophone et idiophone : le pouce et l'index de la main droite pincent les trois cordes tandis que le majeur, l'annulaire et l'auriculaire frappent la table d'harmonie en peau de chameau qui forme avec la caisse semi-cylindre un tambour rudimentaire (cette caisse est obtenue à partir d'un tronc fendu en deux et creusé). Un sistre métallique la Sersèra vient s'encastrer à l'extrémité du manche du Gambri', il est mis en résonnance par les mouvements de l'instrument et les vibrations des cordes. M'allem Amida Boussou raconte ainsi l'histoire et l'origine du Gambri' : « Dans l'ancien Soudan le fils d'un ancien chef de tribu adorateur du feu, se disputa avec son père qui ne voulait pas embrasser la foi en un dieu unique. Il fut chassé de son village, vécut retiré et construisit un instrument de musique pour chanter les louanges d'Allah et la bénédiction de son prophète. Cet instrument avait à l'origine deux cordes. Bientôt, les gens se rassemblèrent en grand nombre pour écouter le joueur de Gambri'. Parmi ses auditeurs, un en particulier, devint l'élève du “maître”, apprit le chant et ajouta une corde au Gambri', celle du milieu.» Autre instrument utilisé par les Gnawa le Qraqèb est constitué de huit disques bombés de dix à douze centimètres de diamètre assemblés deux à deux par une tige cannelée de dix centimètres environ. Au moyen d'un anneau ou d'un cordon passé dans les trous pratiqués sur les bords des deux disques opposés, on constitue un axe sur lequel s'articule le mouvement du double manche. Le son du Qraqèb est obtenu en ouvrant et fermant la main par percussion du couple opposé de cymbales. Autrefois fabriqué à partir du coeur du palmier, le Qraqèb est aujourd'hui réalisé en métal. Lors des représentations de plein air et comme introduction au rituel, les Gnawa utilisent aussi deux grands tambours T'Bola maintenus sur le côté gauche du musicien par une bandoulière et joués avec deux baguettes de formes différentes : dans la main droite une baguette incurvée Sahla en bois de figuier qui percute le centre de la peau tandis que la main gauche frappe les bords de la membrane avec une baguette plus longue et plus flexible en bois d'olivier Tàrrash. Le T'Bel est utilisé par paire accompagnée de quatre Qraqèb. [...] La tradition chorégraphico-musicale de la Confrérie des Gnawa s'exprime dans la Leila, une cérémonie complexe (exécutée surtout à domicile dans un but thérapeutique) qui débute au coucher du soleil pour prendre fin à l'aube. Au cours de la phase rituelle les adeptes entrent dans des transes qui sont attribuées à la Barakà (influence, bénédiction) des saints de l'Islam ou à l'intervention des génies et des esprits des ancêtres du Soudan.
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La tradition chorégraphico-musicale de la Confrérie des Gnawa s'exprime dans la Leila une cérémonie complexe (exécutée surtout à domicile dans un but thérapeutique) qui débute au coucher du soleil pour prendre fin à l'aube. Au cours de la phase rituelle les adeptes entrent dans des transes qui attribuées à la Barakà (influence, bénédiction) des saints de l'Islam ou à l'intervention des génies et des esprits des ancêtres du Soudan.
Le rituel des gnawa est une Lila (nuit,veillée) qui a lieu dans une maison ou dans la zaouïa (lieu saint) c’est un rite citadin. La Lila se développe dans l’espace d’une nuit. On la désigne par ce terme qui veut dire nuit en arabe dialectal. Son rituel comporte quatre grandes phases : la’ada (la coutume), Kûyû, Bambra et les m’louk. La’ada est une procession haute en couleurs, un véritable spectacle musical. Ce défilé bruyant qui incite à la danse et à la vibration n’est pas l’exclusivité des gnawas : les autres confréries (Aïssaouas, Hamadchas, …) défilent de la même manière, étendards et musique en tête, lorsqu’elles vont célébrer la lila. Les kûyû (tambours, crotales) sont une série de danses effectuées par les musiciens de la troupe. Ce n’est pas encore de la transe mais un jeu préliminaire, un spectacle, une préparation à la phase sérieuse des m’louk. On y évoque les anciens maîtres, les saints de l’Islam, des personnages et esprits aux noms africains, la vie des esclaves. C'est pourquoi cette partie est également appelée wlad Bambara (les fils de bambara). Bambara : cette série de danse est effectuée par les musiciens de la troupe. C’est la préparation et le démarrage de la phase sérieuse (Ftouh) qui est suivie des M’louk. Les M’louk viennent à la fin des kûyû. Après une pause, on apporte sur un plateau (tbîqa) de l’encens et des foulards de différentes couleurs. Ces foulards servent de devises et de clés aux différents m’louk. Ceux-ci sont en effet constitués en groupes distincts caractérisés par des couleurs différentes. Ainsi la couleur blanche désigne les m’louk des jilala patronnés par Moulay Abdelkader Jilali et composés de Bouderbala et des Bouhala. La couleur noire comporte l’oghmami (le nuageux) et sidi Mimoun. Le bleu ciel désigne le moussaoui et les m’louk de la mer : Moussa Barkyou , Bala maca ( la rien de la mer) et koubali bala… Se suivent ainsi sept couleurs avant d’aboutir au final des femmes. La transe atteint alors son paroxysme.
source : gnawa.eu
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Et bien sûr, la petite vidéo contenant des extraits d'une lila du Maâlem Azouz Soudani